19.10.2007

Le téléphone sonne

be5eec1e9c4d27646c6a1a296374c4f9.jpegCette semaine, un "Téléphone Sonne" de France Inter a été consacré à la prise en charge de la douleur.

Douleur, le mot me fait dresser l'oreille à l'heure de la préparation du dîner familial et d'emblée je décroche mon télépone et le fait sonner au standard de l'émission sus-nommée. L'opératrice un tantinet affolée note ma question et raccroche après avoir pris mon prénom. Je continue de vaquer à mes occupations culinaires lorsque "Le Téléphone Sonne". "Allo, Philippe, vite, votre question c'est quoi déjà?, vous allez passer à l'antenne dans l'instant!". Mon coeur palpite un brin, je laisse tomber ma popote et attends de pouvoir poser ma question.
J'attends, 5 minutes, 10 minutes et m'aperçois tout à coup que le repas est entrain de brûler pendant que les questions des auditeurs et les réponses des intervenants me parviennent dans le téléphone et dans mon poste TSF. J'attends 15 minutes, 20 minutes et j'apprends pendant ce temps qu'il est très difficile de prendre en charge la douleur en France, que M. X est resté de longues heures à souffrir sans que personne ne viennent prendre en charge sa douleur, que la douleur ça n'intéresse pas les médecins, qu'il faut remplir des formulaires compliqués pour obtenir un milligramme de morphine et que les médicament pourtant existent et patati patata.
Le dîner est froid, il est 19:58.
C'est ce moment que choisi un des intervenants (remords?) pour nous indiquer qu'il n'y a pas que les médicaments (que personne n'arrive à se faire prescrire si j'ai bien suivi le fil des interventions) et qu'il existe aussi une prise en charge "Non Médicamenteuse" dont l'hypnose. Là je crois défaillir et l'on m'annonce que l'émission est terminée et que je peux retourner tranquillement manger mon repas carbonisé et froid.
Ma question? Alors là heureusement qu'ils ne me l'ont pas posée car je serais bien resté 30 minutes à parler des moyens efficaces de lutte contre la douleur aiguë et chronique, mais ça n'intéresse personne.
Merci M. Bédouet.
Dr Philippe Rault

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